La question de l’Aide médicale d’État divise les opinions lors de la campagne électorale. En effet, l’AME est un système qui assure la prise en charge des dépenses de santé des individus en situation irrégulière. Les spécialistes de la santé publique mettent en garde contre la possibilité de sa suppression, soulignant ainsi les conséquences néfastes que cela pourrait avoir sur la santé des personnes les plus vulnérables de notre société.
L’AME au cœur du débat politique
Le Rassemblement national, arrivé en tête du premier tour des élections législatives avec 33,2% des voix, remet en question l’AME (Aide Médicale d’État) et promet de la supprimer s’il accède au pouvoir. Cette proposition soulève des inquiétudes en matière de santé publique, notamment selon le COVARS (Comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires), qui estime que la disparition de ce dispositif de remboursement de soins par l’Assurance Maladie pourrait mettre en danger la santé individuelle et collective en ne protégeant plus contre les risques sanitaires.
L’AME bénéficie actuellement à environ 400 000 personnes et son coût est estimé entre un et deux milliards d’euros par an par le RN, tandis que le dernier budget de l’État l’évalue à 1,2 milliard. Le COVARS met en garde contre le risque de voir les migrants retarder leur prise en charge médicale, alors que l’émergence de maladies est de plus en plus préoccupante. Cette situation pourrait également saturer les hôpitaux publics déjà fortement sollicités, faute de prise en charge en amont par les médecins de ville.
L’hôpital face à de nouveaux défis
Les directeurs des CHU et les doyens des facultés de médecine ont récemment rappelé dans un communiqué qu’ils prennent en charge les patients de toutes origines, soulignant cependant les incertitudes qui pèsent sur l’avenir de leur mission. Ils appellent à une réflexion sur le modèle de l’hôpital et de l’université pour faire face aux nouveaux défis. L’AME est-elle la seule responsable des difficultés actuelles ? Le débat est loin d’être clos et devrait continuer d’alimenter les discussions sur la santé publique en France.
Source de l’article : Francetvinfo